Sur scène Jeudi 26 Janvier 2017 avec BERRI TXARRAK et NIGHTWATCHERS.

Lorsque qu’un groupe déboule d’Orléans, qu’il joue du punk rock un tant soit peu mélodique et qu’il avance sous étendard indépendant et/ou D.I.Y., celui-ci est irrémédiablement affilié à Burning Heads. Le petit nouveau n’y peux rien, c’est comme ça, c’est aussi inévitable qu’arithmétiquement prouvé : Punk Rock + Orléans = Burning Heads. Bon, il est clair que quand vous avez grandi dans le Loiret et que vous avez monté un combo punk avec vos potes, il y a de fortes chances que Burning Heads y soit pour quelque chose. Pas que, bien sûr (d’autres éléments entrent en compte), mais quand même un peu (beaucoup). Aussi, l’affiliation de Buried Option à Burning Heads que sous-entendent et évoquent les médias hexagonaux — journaux, webzines, fanzines — qui se sont penchés sur les premiers enregistrements de Buried Option est autant naturelle que cohérente.

Pour avoir un son de cloche différent, jetons un oeil sur ce qu’ont écrit des chroniqueurs étrangers à propos de Buried Option, des gens sans aprioris, pour qui Orléans n’évoque nullement des Têtes qui Flambent. Les groupes cités en guise de références ou d’influences supposées sont alors Hot Water Music, The Get Up Kids, American Football, Ten Foot Pole, The Lawrence Arms, Jawbreaker, Osker, et même des formations de chez nous comme Second Rate et Homeboys. Voilà qui enrichit notre sujet, et nous donne une idée plus précise de la musique de nos quatre vingtenaires.

Et il y a une évidence qui pointe : la plupart des références cités sont issues de la décennie 90’s. Là, on est au cœur du sujet ! Buried Option puise son inspiration, son feeling artistique et peut-être esthétique, dans la scène punk rock florissante des années 90, celle qui a réussi à mettre plus de mélodies et/ou d’émotions (parfois les deux à la fois) dans son rock sauvage. Cette scène qui a décidé qu’on pouvait évoquer ses traumas, son questionnement existentiel et sa mélancolie sur un rythme punk comme d’autres gueulait contre la société et le monde qui déraille… Simplement parce que le punk est l’expression de toutes les colères, même et surtout celles qui grondent à l’intérieur de nous. Appelez ça « Hardcore mélodique », « émocore » ou « post-hardcore », cela reste du punk rock dont le moteur principal est la confrontation à la vie, réelle et cinglante.

Aussi, dès sa date de formation, en septembre 2012, Buried Option semble savoir précisément où il veut aller, et comment il va y aller. Il sait quoi jouer et quoi dire. Ses compositions reflèteront à la fois le dramatique et l’excitation de la vie. Ses textes dégageront émotion et fougue. Le groupe aura une oreille sur le présent (Title Fight, Latterman), l’autre sur le passé (Bushmen, Sixpack). Après seulement six mois de répétitions, le jeune quatuor ose un premier enregistrement (la démo « Save Yourself », très bien accueillie par les aficionados de musique rageusement émotive… ou émotivement rageuse). Cela lui permet de sortir de sa ville natale pour quelques concerts révélateurs (Le Mans, Caen, Dreux…) où il découvre que d’autres groupes français (La Rupture, Slice Of Life, Chesnut Road, Homesick, The Early Grave) sont également marqués par le même son émo-punk que lui. En février 2014, Buried Option ajoute une ligne à sa discographie avec le vinyle « Downward » dont il s’est entièrement occupé, de la production des morceaux à la conception de la pochette. Par sa personnalité et son sens de l’esthétique, l’objet — co-produit par les labels Slow Death, PP&M, Freesbee Records, Never Heard of It, Say Cheese! et Temple Garden — s’assure de très bonnes chroniques qui louent « un punk rock de haute volée », une « musique passionnelle » et un petit quelque chose de « frais et enthousiasmant ». Le groupe enchaîne les dates à Paris, Rennes, Épinal, Brest, Le Havre, Rouen, Nantes, Hazebrouck… et se voit même invité à la quatrième édition du Pouzza Fest, énorme événement punk ayant lieu chaque année dans le centre ville de Montréal, Québec.

Grâce à ces expériences et ses rencontres, le quatuor s’émancipe et se libère. On ne parle ni de mue, ni de maturité, mais de progression, naturelle et spontanée. Du CDr « Save Yourself » au vinyle bleu « Downward », outre le passage d’un support à l’autre, significatif d’une certaine confiance en soi et de palier franchi, Buried Option montre que sa voie, musicale comme artistique, est celle qui lui sied le mieux. Surtout il démontre qu’un groupe n’est jamais le fruit d’une ville ou d’une région, pas plus qu’il n’est l’écho d’une période donnée ou fantasmée. Il est simplement l’alchimie, parfois complexe, souvent involontaire, des envies et des possibilités des individus qui le composent. Et à partir de là, tout devient possible.

Frank Frejnik

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